Intimu

Produire des huiles essentielles Bio dans le Cap Corse, un projet qui nous paraissait fou il y a encore peu de temps.

Et pourtant, nous l’avons fait !

Installés en juin 2015, nous avons laissé notre ancienne vie derrière nous pour vivre avec passion cette nouvelle aventure à deux. On vous raconte ?

Le maquis en horizon… Il est à peine 7h et le soleil cogne déjà très fort. C’est lui qui mène le jeu sur l’Île de Beauté. Et pour notre premier jour de cueillette, il a montré toute sa force.

Chaque coup de serpette demande un véritable effort.

 

La récompense vient quand on lève la tête deux minutes. Un panorama incroyable : la montagne se jetant dans la mer, une lumière magique qui multiplie les nuances colorées dans le paysage.

 

Une poésie du quotidien qui me murmure que nous avons fait le bon choix de nous installer ici. Au loin, l’île d’Elbe en filigrane semble à portée de main. En contrebas, Erbalunga et sa tour génoise se réveillent doucement dans cette lumière si particulière du Cap Corse.

Production d'huiles essentielles dans le Cap Corse

Tour d’Erbalunga avec l’ile d’Elbe en filigrane

L’éternité l’espace d’un instant. Quand je sors de mon rêve éveillé, je me dis que je ne me lasse pas de contempler ce paysage qui me nourrit l’âme depuis deux ans. Et pourtant le chemin a pris plus d’un détour pour nous faire arriver à bon port…

Provence

 

Qu’est-ce qui nous a décidé à changer de vie ? Certains pourraient dire que nous sommes fous d’avoir quitté notre existence bien bordée. Notre choix a commencé comme une simple possibilité, pour devenir, au fil du temps, une évidence.
Laurent et moi, vivions alors en Provence.

 

 

Un emploi du temps bien rythmé par mon travail de commercial et celui de cordiste, pour Laurent. Entre les rénovations de la maison, les vide-greniers et les randonnées du week-end, nous poursuivions notre train-train sans déviation sur des rails bien huilés. Il nous manquait juste ce petit quelque chose qui donne un sens à nos actions. Et ce petit quelque chose a commencé à nous démanger de plus en plus, à prendre davantage de place dans notre espace si bien organisé. Il a fini par envahir totalement notre champ de vision. Nous trouvions de moins en moins de charme à une région pourtant magnifique, mais sûrement trop citadine et trop peuplée pour nous.

Et puis la réalité du terrain : nous passions beaucoup trop de temps sur cette autoroute A7 devenue notre deuxième lieu de résidence. Le constat était limpide: marre de ne pas se voir assez, marre de ne pas avoir le temps de vivre, tout simplement…

Et une envie folle de nature, de calme, d’authenticité. Il était temps d’agir…

Que faire ? Très vite, de grandes directions se sont dessinées : l’agriculture, puis les plantes, puis les plantes aromatiques et enfin les plantes aromatiques corses. Le sort était jeté : Laurent voulait devenir distillateur de plantes aromatiques corses. Mais par où commencer ? Qui contacter ? Comment faire ? L’été allait alors nous apporter son lot de réponses, puisque nous partions justement en Corse, à Silgaghja chez Papi Mamie 

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Nous allions passer de longues heures dans le maquis, sentir chaque plante, apprendre à les reconnaître, les nommer, les sentir, casser leurs feuilles entre nos doigts…

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, nous tombions sur un livre qui a marqué un tournant dans notre histoire et notre désir d’aller jusqu’au bout : Les Huiles Essentielles Corses, écrit par le spécialiste des plantes médicinales Christian Escriva.

Chaque jour nous en apprenions un peu plus. Et chaque jour notre envie de faire ce métier et de vivre dans le Cap s’affirmait.

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Laurent a ouvert la voie. Il a eu la chance de pouvoir bénéficier d’un congé de formation de la part de son employeur. À presque 40 ans, il repartait à l’école au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Carpentras (84) et de Nyons (26).
Il a choisi d’effectuer ses stages chez deux productrices d’huiles essentielles de Balagne, qui le formèrent à la cueillette sauvage, à la culture et à la distillation.

Sur le continent, je poursuivais mon métier de commerciale. La distance et les nombreux allers-retours Corse/Continent n’étaient pas toujours très faciles à gérer, tant émotionnellement que financièrement. Nous vivions deux réalités différentes. Lui, préparait notre avenir. Moi, je continuais de subir le présent. À la fin de ces dix mois de formation, Laurent a décroché haut la main son Brevet de Responsable d’Exploitation Agricole dans les PPAM. Un nouveau début se profilait à l’horizon…

Il nous restait encore beaucoup de montagnes à gravir avant de parvenir à notre but. La priorité était de vendre notre maison de Provence. Il nous fallait aussi trouver les différents éléments de notre future distillerie.

h-18-generateur-de-vapeur-huiles-essentielles-20150604_104051Des outils indispensables pour commencer notre activité par de la cueillette en milieu naturel. Après de longues recherches, nous avons trouvé notre bonheur : une cuve en cuivre, idéale pour nous servir d’alambic, après transformation.

Version 2Un générateur de vapeur et enfin un grand entonnoir en cuivre que Laurent allait transformer en essencier. Les choses prenaient forme tout doucement.

 

 

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La maison de Provence n’était pas vendue. Mais nous refusions de repousser la date de notre départ. Clin d’œil du sort comme une confirmation que nous faisions le bon choix : à peine avions-nous pris cette décision, que nous trouvions preneur !

Le déménagement a été musclé en allers-retours pour installer tout notre matériel. Nous transportions notre avenir dans nos cartons. Nous sommes arrivés le 7 avril 2015.

Et depuis, l’aventure continue en Corse !